« La Petite » : Un Nicloux pas fou fou…

Quelque mois après l’étonnant La Tour, qui montrait des habitants coincés dans leur immeuble, tandis qu’un brouillard noir envahissait les alentours, Guillaume Nicloux, un des cinéastes les plus iconoclastes du cinéma français, revient déjà dans les salles avec un nouveau projet, La Petite, soutenu par la région Nouvelle-Aquitaine et l’ALCA (l’Agence Livre Cinéma en Aquitaine).

Dans ce film, Fabrice Luchini tente de récupérer les droits parentaux sur sa petite fille conçue par GPA (Gestation Pour Autrui) après la mort de son fils et de son mari

Un parcours du combattant commence face aux complexités administratives incommensurables qui se posent, aux réticences de sa fille Aude (Maud Wyler) et de la jeune mère porteuse belge Rita (joliment interprétée par Mara Taquin).

Fabrice Luchini, alias Joseph, va jusqu’en Belgique pour la retrouver.

Les deux vont bien évidemment s’apprivoiser petit à petit, apprendre à se connaître, à se faire confiance…

Un joli dialogue entre générations s’installe progressivement… et c’est tout ! En effet, même si tout cela est bien fait, bien interprété, c’est très convenu

On sait d’où l’on vient, on sait où l’on va, selon la formule consacrée…

La réalisation est, elle aussi, très classique et disparaît derrière l’interprète principal

C’est tellement dommage et frustrant, quand on connaît la force de proposition de Guillaume Nicloux, ne serait-ce que tout ce qu’il a fait autour de Michel Houellebecq (L’Enlèvement de Michel Houellebecq (2014), Thalasso (2019)), qui était plein d’audace et de drôlerie !

Et là… on ne retrouve pas la « patte Nicloux »…

Alors oui, le sujet, important au demeurant, se prête sans doute moins aux expérimentations formelles ou scénaristiques mais il aurait mérité un traitement beaucoup plus cinématographique que le résultat final qui n’est, pour ainsi dire, rien d’autre qu’un super téléfilm de plus

Ce téléfilm a néanmoins le mérite de mettre en lumière la GPA, mais il faut plus que cela pour qu’une thématique, même forte comme celle-ci, rayonne sur grand écran : il faut un point de vue d’artiste, une mise en scène, une construction de l’image, des plans, des mouvements de caméra qui racontent quelque chose en plus et complètent le premier niveau de lecture (l’histoire vécue par les personnages).

Au moins, chers lecteurs et lectrices bordelais, vous pourrez reconnaître un célèbre restaurant de la place des Quinconces…!

Espérons que Guillaume Nicloux retrouve son inspiration dans son prochain film, pourquoi pas à nouveau à Bordeaux ?

SND/YouTube

Source :

Image d’en-tête : Détail de l’affiche « La Petite » avec Mara Taquin et Fabrice Luchini – France 2 SND

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