« Le Comte » est bon !

Un an après avoir scénarisé le diptyque sur Les Trois Mousquetaires, réalisé par Martin Bourboulon, Mathieu Delaporte et Alexandre de la Patellière (connus pour leur pièce et leur film Le Prénom (2011)) passent, à nouveau, derrière la caméra pour filmer la célèbre vengeance du Comte de Monte-Cristo, née sous la plume d’Alexandre Dumas en 1844.

Cette œuvre majeure a déjà eu les honneurs de, pas moins, d’une trentaine d’adaptations télévisuelles et cinématographiques.

Cette nouvelle version s’inscrit dans une volonté récente du Cinéma Français de se réapproprier les grands classiques de la littérature hexagonale, et d’Alexandre Dumas père en particulier, sous l’impulsion du producteur Dimitri Rassam (fils du producteur Jean-Pierre Rassam et de Carole Bouquet).

Ce choix confirme (du moins, espérons le !) un vrai retour de l’ambition, plus précisément de l’ambition artistique, dans la production française à gros budget (pas comme chez un certain petit gaulois pourtant bien aimé, il n’y a pas si longtemps…).

On s’installe donc dans la salle, plein d’espoir, même pas effrayés par la longueur du long-métrage.

Qui plus est, les deux réalisateurs ont choisi de tout traiter en un seul film, en dépit de l’incroyable densité du roman !

Pourquoi ?

Parce qu’« il fallait que toute l’histoire se déroule dans un même laps de temps, que la tension amassée dans la première partie du film trouve son dénouement dans la même œuvre ».

Dès lors, pas de suite possible car, ainsi qu’ils l’expliquent encore, chez Allociné :

« Impossible de dire au spectateur : sortez du château d’If et revenez dans six mois pour connaître la suite ! ».

Le film ne craint pas de prendre son temps pour poser les jalons de ce qui forgera la soif de vengeance du futur Comte de Monte-Cristo : Laurent Laffite incarne excellemment un procureur sans scrupules, qu’on adore détester !

Bastien Bouillon est également parfait, et infiniment subtil, en meilleur ami, moins intègre qu’il n’y paraît…

D’une manière générale, les comédiens et comédiennes sont, tous et toutes, très impliqués pour donner vie à ce monument littéraire, à l’écran.

On y croit à fond !

Quant à Pierre Niney, il est au diapason de ses camarades de jeu, investi comme jamais (notamment dans une scène sous l’eau…), sans pour autant tomber dans le surjeu.

On sent qu’il est conscient de l’importance de ce rôle iconique dans la suite de sa carrière.

La réalisation est un peu classique certes, mais cela permet de se focaliser sur les excellentes performances du très beau casting, et elle n’oublie pas de mettre en valeur, grâce à de jolis plans d’ensemble, les paysages sublimes et le gigantisme des décors, que traversent les personnages.

Quel plaisir de retrouver ce parfum de capes et d’épées, avec ses dialogues piquants et surtout, ses duels spectaculaires et épiques !

L’entraînement effectué par les comédiens se voit à l’écran et renforce la sensation de réalisme des combats, on vit chaque coup avec intensité !

Comme quoi, ce parfum de capes et d’épées n’est pas si suranné, pour peu qu’on l’utilise avec soin ! Un budget ne fait pas tout, la passion compte aussi beaucoup pour que notre cher Comte soit… bon !

Et il l’est !

Autre bon point : le film a l’audace de ne pas montrer la vengeance comme quelque chose d’héroïque, ou glorieux… elle abîme tout autant son instigateur que ses cibles…

Enfin, l’implication de toutes les équipes se ressent sur chaque plan, tant et si bien que l’on pardonne les quelques longueurs qui ne manquent pas d’apparaître, tout au long de cette fresque fleuve, qui prouve néanmoins que notre Cinéma est encore capable d’aligner l’art, la manière et les moyens !

Les spectateurs et les spectatrices ont d’ailleurs rapidement récompensé ce beau travail en le gratifiant de 2 477 000 entrées en deux semaines d’exploitation seulement !

C’est beau et il faut continuer de soutenir de tels projets qui font honneur au Grand Ecran !

Pathe/YouTube

Sources :

Image d’en-tête : ©  2024 CHAPTER 2 – PATHE FILMS – M6 – Jérôme Prébois

Sites spécialisés :

Secrets de tournages, allocine.fr (lien)

BOX-OFFICE France (du 3 au 9 juillet 2024 – Fête du cinéma), cine-directors.net (lien)

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