Zoom sur « Les Valseurs Bordeaux » avec Charles Audinet !

Aujourd’hui, on part à la rencontre de Charles Audinet (photo) de la société de production Les Valseurs Bordeaux, qui était chargée du bon déroulement du tournage du film Chopin, Chopin! en octobre 2024 !

Le film a été présenté au dernier Festival International du Film d’Histoire de Pessac !

Découvrons ensemble comment l’aventure des Valseurs Bordeaux a commencé.

Nabil Ballahsene (LinkedIn)

En 2021, sous l’impulsion de Charles Audinet et Nabil Bellahsene qui s’associent avec les producteurs Justin Perchberty et Damien Megherbi, les bureaux bordelais s’ouvrent.

Justin Perchberty (LinkedIn)

L’idée est de s’implanter en province dans une région qui soutient fortement le Cinéma (la Nouvelle-Aquitaine est la deuxième région à soutenir le secteur derrière l’Ile de France) et de produire principalement du documentaire et des films en coproduction internationale.

Damien Megherbi (LinkedIn)

Deux ans plus tard, Charles Audinet assure la production exécutive du court-métrage Jupiter de Carlos Segundo. Ce projet est la dernière partie d’un triptyque, composé des deux autres courts-métrages Sideral et Big Bang.

Qu’est-ce qu’une production exécutive ?

Un producteur exécutif est mandaté par un producteur délégué (qui, lui, assure le financement du projet) pour veiller à la bonne « exécution » du film jusqu’au montage final.

Il s’attache à lier, au mieux, la vision artistique d’un réalisateur ou d’une réalisatrice avec le budget prévu… et faire face aux imprévus !

Ces deux films de Carlos Segundo (produits par Les Valseurs, donc) explorent la trajectoire de personnages ignorés par la société (sans pour autant être en marge) qui aspirent à plus de reconnaissance ou même à sortir de leur quotidien.

Ainsi, dans Sideral, un couple habite près d’un centre spatial au Brésil. Lui, est mécanicien, elle est femme de ménage et aspire à une autre vie, au point de prendre une décision incroyable…

On découvre sa vie, celle de ses enfants et de son compagnon dans un sublime noir et blanc qui contraste fortement avec la monotonie de leurs journées.

Ces journées s’égrènent dans de nombreux plans fixes qui permettent aux spectateurs de se concentrer sur les personnages, aux comédiens et comédiennes d’avoir le temps de les incarner et de les habiter.

Ensuite, dans Big Bang, on fait la connaissance de Chico, un homme de petite taille, réparateur de fours de son état, qui finit par être révolté par le mépris qu’il subit de la part de ses clients et clientes…

Chico (Giovanni Venturini)

On y retrouve le goût de Segundo pour les plans fixes qui, cette fois, ne cadrent pas la tête des interlocuteurs de Chico pour montrer qu’ils ne considèrent pas être sur le même plan que lui… littéralement. C’est assez brillant.

Enfin, dans Jupiter, un éleveur acariâtre part à la recherche d’une de ses chèvres qui s’est échappée. Il est bien décidé à punir la pauvre bête fugueuse… Cette agressivité et cette violence a peine dissimulée est sans doute un terrible symptôme de l’insatisfaction qu’il ressent dans son existence, véritable thématique de cette « trilogie ».

Carlos Segundo y ajoute un soupçon de fantastique avec des plans zénithaux légèrement flous qui figure une menace céleste qui semble observer les personnages… Sans doute Jupiter, la planète, elle-même !

Les plans fixes caractéristiques du cinéaste sont là, accompagnés (pour la première fois du triptyque) d’un mouvement d’appareil, précisément un travelling latéral pour marquer la prise de conscience de l’épouse de l’éleveur. Joli !

Le film a été tourné à Saintes, avec la participation de Yulia Korab-Kowalska, en tant que régisseuse générale (responsable de la logistique du tournage, elle veille également au confort et à la sécurité des équipes engagées sur le projet).

Yulia Korab-Kowalska (LinkedIn)

Comme vous suivez le blog, vous savez déjà qu’elle a joué un rôle décisif dans la venue des équipes polonaise de Chopin, Chopin !

LE tournage bordelais incontournable de 2024, que j’ai évidemment évoqué en long et en large, avec passion dans ces pages numérique  !

Charles Audinet confie que son meilleur souvenir sur ce film est « le premier jour avec l’arrivée sur la Place du Chapelet des carrosses et des chevaux au milieu d’une foule de techniciens et de figurants qui grouillait de partout.

Quand les carrosses sont arrivés sur la Place tout le monde s’est tu, nous avons alors compris que nous allions rentrer dans une autre dimension. C’était magique ! ».

Après ce projet très ambitieux, Les Valseurs travaillent actuellement sur la version longue du très réussi court métrage Nefta Football Club (2018) écrit et réalisé par Yves Piat.

On y suit deux jeunes frères qui, au cours de leur périple à mobylette à la frontière algéro-tunisienne, tombent sur âne, casque sur les oreilles, transportant de mystérieux petits paquets blancs ressemblant à de la lessive…

Le final est inattendu et bien trouvé

Pour l’instant, le long-métrage en est au stade de la recherche des futurs lieux de tournage et de la finalisation du casting.

Il y a aussi la post-production du film Les Éléphants dans la Brume d’Abinash Bikram Shah dont Charles Audinet a supervisé le tournage au Népal en 2023.

Il s’agit d’un thriller fantastique dans la forêt népalaise peuplée d’éléphants sauvages et mystiques, porté par le réalisateur Abinash Bikram Shah, déjà lauréat d’une mention spéciale au Festival de Cannes 2022 pour son court-métrage Lori.

Ce film nous plongera au cœur d’un petit village, perdu dans une forêt peuplée d’éléphants sauvages, aux côtés de Pirati, la matriarche d’une communauté de femmes transgenres.

Elle aspire à une vie « normale » avec Master, le moustachu dont elle est amoureuse. Mais lorsqu’une de ses « filles » disparaît, elle doit choisir entre l’amour et la responsabilité envers sa communauté.

En plus de cette actualité chargée autour de la fiction, Les Valseurs Bordeaux ne délaissent pas pour autant la production de documentaires.

On découvrira bientôt l’Ile Mouvante de Roxane Florin. Elle y parle du deuil brutal de son père à travers les images d’archives de l’Ile d’Oléron tournée par Jean Michel, un vidéaste amateur, qui filme toute l’Ile depuis plus de 60 ans.

Enfin, Les Valseurs finalisent la trilogie The Days I Would Like to Forget d’Alina Gorlova, Yelizaveta Smith, Maksym Nakonechnyi et Simon Mozgovyiqui observe comment la guerre (en particulier la guerre en Ukraine) affecte l’humain et son environnement…

lesvalseurs.com

Des projets intéressants dont on reparlera sûrement sur le blog !

Un grand merci à Charles Audinet de m’avoir ouvert les portes d’un acteur important de la production cinématographique en Nouvelle-Aquitaine et au-delà.

Chopin, Chopin ! sur La Pellicule Bordelaise :

Quelques images des coulisses du film sur Chopin !

Chopin à Bordeaux : nouvelles photos du tournage !

Chopin, Chopin ! : dans les coulisses du tournage !

Chopin, Chopin ! : premières photos du film !

Source :

Sources :

Image d’en-tête : montage personnel

Site officiel :

Les Valseurs (lien)

Entretien avec Charles Audinet en octobre 2025

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