Mardi soir, les Cinémas UGC proposaient, une nouvelle fois au public, d’assister à la Cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes, en découvrant le film La Vénus électrique de Pierre Salvadori, dans la foulée, en même temps que les invités du tapis rouge, pour lancer cette 79e édition !
Direction donc l’UGC Ciné Cité Bassins à flot pour votre serviteur !
Avant la projection du film, l’excellente comédienne Eye Haïdara (connue pour son rôle dans Le Sens de la Fête (2017) du duo Toledano-Nakache) a orchestré une vibrante cérémonie dédiée au Cinéma, bien loin de la tribune politique assommante de l’année dernière, sous l’égide de Laurent Laffite…
J’ai particulièrement apprécié le clin d’œil au trop oublié Claude Nougaro dès les premières secondes de la Cérémonie, au travers des paroles de sa chanson Le Cinéma.
L’hommage à l’immense et regrettée Nathalie Baye était sobre et juste.
Les références cinématographiques étaient là, tout au long de la cérémonie, avec en point d’orgue, la remise d’une Palme d’Or d’honneur méritée au grand Peter Jackson par nul autre qu’Elijah Wood, alias Frodon, dans la trilogie inoubliable Le Seigneur des Anneaux (2001-2002-2003) !
Les chanteuses Theodora et Oklou ont poursuivi l’hommage en reprenant joliment Get Back des Beatles pour faire écho au documentaire fleuve éponyme que le réalisateur du Seigneur des Anneaux a consacré au « quatre garçons dans le vent » en 2021 pour la plateforme Disney+.
Quel plaisir de profiter d’une cérémonie qui revient enfin à l’essentiel, c’est-à-dire, le Cinéma ! Bravo à Eye Haïdara et à toutes les équipes qui l’entourait, pour ce spectacle empli de rêve et d’émotion.
À présent, les lumières s’éteignent et nous voici partis en voyage dans les années folles… précisément en 1928, à Paris.
Antoine Balestro (Pio Marmaï), jeune peintre très apprécié, n’arrive plus à travailler depuis la mort de son épouse, au grand désespoir d’Armand (Gilles Lellouche), son galeriste et ami.
Un soir d’ivresse, Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermédiaire d’une voyante.
Sans le savoir, il parle en réalité avec Suzanne (Anaïs Demoustier), une modeste foraine qui s’est glissée dans la roulotte pour y voler de la nourriture. Cette dernière se révèle douée pour l’imposture et, rapidement secondée par Armand, elle enchaîne les fausses séances.
Peu à peu, Antoine retrouve l’inspiration, mais pour Suzanne les choses se compliquent alors qu’elle tombe doucement amoureuse de l’homme qu’elle manipule…
Pour son retour derrière la caméra, le cinéaste Pierre Savadori fait plus fort que s’inspirer d’un autre film : son point de départ est un film… dans le film ! Celui de Planetarium de Rebecca Zlotowski.
Dans ce long-métrage, un cinéaste (joué par le comédien Emmanuel Salinger) décide de mettre en scène deux sœurs médiums Kate et Laura Barlow (Nathalie Portman et Lilly-Rose Depp), à la fin des années 30.
Chez Salvadori, cela donne la relation touchante entre Suzanne et Antoine. La complicité entre Anaïs Demoustier et Pio Marmaï est évidente, les deux comédiens se régalent avec les dialogues pensés par Salvadori, oscillant en permanence entre rire et émotion, sans jamais susciter le malaise chez les spectateurs et spectatrices.
Gilles Lellouche lui aussi est parfait en galleriste, infiniment plus subtil qu’il n’y paraît. À son propos, le réalisateur explique très bien chez les camarades d’Allociné :
« Gilles éclaire le texte, le rend simple même lorsqu’il est un peu trop écrit (…). Il comprend immédiatement le ton du projet et se met très vite à parler la langue du film.
Il joue le film et pas le rôle. »
C’est exactement cela !
Son personnage gagne progressivement en profondeur au travers de nombreux flashbacks qui enrichissent le récit, sans l’alourdir grâce à des transitions subtiles (par exemple, un personnage rentre dans l’eau, un autre en sort au même endroit mais pas au même moment) qui lient les protagonistes entre eux, en dépit de temporalités différentes.
À l’aide de ce pertinent procédé de montage, Irène (la femme disparue d’Antoine) n’est pas qu’une absence douloureuse, c’est une femme qui a pleinement vécu !
La talentueuse Vamala Pons l’incarne dans toute sa finesse, ses joies, ses tristesses, son entièreté et sa passion.
Le quatuor de comédiens se complète admirablement pour faire vivre à l’écran ce scénario, enfin original, qui apporte de bonheur aux spectateurs, sans peur, malgré une thématique difficile (le deuil) qui le traverse.
N’oublions pas, Gustave Kervern, excellent en patron exploiteur qui génère un désir d’émancipation chez Suzanne bien sûr, mais surtout, qui se révèle, lui aussi, être moins manichéen qu’on aurait pu l’imaginer…
L’ensemble est tellement bon que l’on pardonne le manque d’immersion dans les années 20, le manque de décors différents (problème de budget peut-être), donne l’impression de pénétrer davantage dans des tableaux, plutôt que dans une époque entière…
Pour autant, branchez-vous vite sur cette Vénus électrique, d’ores et déjà en salle ! Nul doute que le courant passera entre vous et elle !
Pour aller plus loin :
Le Festival de Cannes sur La Pellicule Bordelaise :
Cannes 2026 : 5 films retenus par la Région sélectionnés !
Sources :
Image d’en-tête : photo personnelle
Fiches films :
allocine.fr
Site spécialisé :
Secrets de tournage, allocine.fr (lien)




