Après L’Odyssée, vous avez décidé à l’unanimité sur Instagram (abonnez-vous !) que votre serviteur devait également se pencher sur l’autre gros film de l’été : Spider-Man: Brand New Day !
Je vous l’avoue franchement : vos encouragements unanimes n’ont pas été de trop pour me motiver à me déplacer dans l’un de mes cinémas bordelais préférés, tant les films précédents (en particulier la trilogie réalisée par Jon Watts) ne brillaient pas sur le plan scénaristique ou technique…
Qui plus est, c’est déjà la septième fois que Tom Holland enfile le costume de l’Homme-Araignée si l’on prend en compte tous les films du Marvel Cinematic Universe (MCU, pour les intimes), ce qui donne : Captain America: Civil War (2016), Spider-Man: Homecoming (2017), Avengers: Infinity War (2018), Avengers: Endgame (2019), Spider-Man: Far From Home (2019) et Spider-Man: No Way Home (2021).
Une cadence de production complètement folle, devenue la triste marque de fabrique des Studios Marvel au fur et à mesure que le MCU se développait.
Développement douloureux pour les petits studios spécialisés dans les effets spéciaux avec lesquels Marvel sous-traitait une partie de la postproduction des films… En effet, la charge de travail a explosé, avec des dates limites de plus en plus courtes…
Résultat : une baisse considérable de la qualité des effets spéciaux dans les films de super-héros, tout simplement parce que les artistes n’ont plus le temps de travailler correctement…
Désolé, ma toile part un peu dans tous les sens !
Si vous souhaitez approfondir cette question très prégnante et très inquiétante dans l’industrie, lisez l’article très éclairant de Pierre Chapilloz et Antoine Desrues, paru dans le numéro 94 du magazine So Film en mars 2023 (cf. lien en fin d’article).
Revenons-en à Tom Holland.
C’est donc la 7e aventure de l’acteur dans la peau de Peter Parker/Spider-Man.
On craint qu’une forme de lassitude, de routine, se soit installée…
Marvel semble le craindre aussi et a décidé de confier la réalisation de ce nouvel « épisode » (oserais-je dire) à Destin Daniel Cretton, « réalisateur maison », qui a auparavant mis en boîte le visuellement intéressant Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux, sorti en 2021.
Cette patte visuelle donne un nouveau souffle au Spider-Man version Holland, avec des séquences spectaculaires : des zigzags entre les immeubles en vue subjective, ou même le visage de Peter Parker sous son masque (cette dernière séquence est malheureusement visible dans la bande-annonce).
En deux plans, le film est déjà plus inventif et intéressant que les précédents ! Pareil pour Tom Holland : son personnage mûrit, gagne en profondeur ; il peut enfin sortir de la folle énergie et du « toutes émotions » souvent liés à l’adolescence.
Cette fois, Peter Parker est brisé par plusieurs absences : celle de sa chère tante May, tragiquement disparue, et surtout celle de Mary Jane, qui l’a oublié à la suite de l’intervention du Doctor Strange, à un moment où la véritable identité de Spider-Man était révélée au monde…
Il essaie de vivre sans elle, mais c’est impossible… Et s’il n’y avait que sa vie sentimentale qui posait problème…
Il doit en plus affronter une menace insaisissable, interprétée magistralement par une révélation de la série phare de Netflix Stranger Things (non, non, pas Millie Bobby Brown !) : Sadie Sink, impressionnante de charisme et de justesse.
Elle incarne l’antagoniste le plus mystérieux de l’ère Tom Holland, ce qui apporte une dimension polar, inattendue et bienvenue.
Néanmoins, ces progrès et qualités (indéniables) ne parviennent pas à pleinement satisfaire votre serviteur, qui se retrouve face à un long-métrage paradoxal…
En effet, ce film est incontestablement le meilleur de Tom Holland dans le costume de Spider-Man (mieux écrit, mieux réalisé), mais il ne fait que reprendre la thématique du dilemme vie superhéroïque/vie normale, qui rend très difficile la vie amoureuse, sujet déjà bien exploré (en mieux) dans la trilogie originelle de Sam Raimi au début des années 2000…
Heureusement, on a, au moins, le plaisir de voir le jeune couple le plus glamour du moment (Tom Holland/Zendaya) s’amuser au jeu de la séduction.
Pour le reste, Spider-Man: Brand New Day ne peut s’empêcher de se répéter au regard de ses aînés…
Pour autant, il cherche, comme l’indique son titre (que l’on peut grossièrement traduire par « Un nouveau jour »), à redémarrer sur de nouvelles bases et à tisser sa propre toile.
Un paradoxe étonnant.
L’avenir dira si ce nouveau cocon tiendra ses promesses…
Pour aller plus loin :
L’article de SoFilm :
Pierre Charpilloz, Antoine Desrues Enquête : MARVEL, ton univers impitoyable, à lire ici !
Source :
Image d’en-tête : IMDB
