L’équilibre parfait de Dupontel.

Adieu Les Cons cumule les prix depuis sa sortie, avec notamment 7 césar, mais le plus important d’entre eux, étant le plébiscite qu’il a reçu de la part des précieux lecteurs et lectrices de La Pellicule Bordelaise lors du dernier sondage organisé sur le blog !

Comme promis, c’est donc ce film qui ouvre le bal des critiques sur le blog pour la réouverture des cinémas.

On a toujours une petite inquiétude avant de voir un film ayant eu autant de reconnaissance et de récompenses car cela crée une attente très importante, cette attente est d’autant plus importante qu’Au Revoir Là-haut (2017), son film précédent avait placé la barre très haute.

Or, généralement, qui dit grosse attente dit grosse déception…

Dès les premières secondes, on reconnait le style visuel très travaillé et original de Dupontel : Un médecin (l’excellent Bouli Lanners) observe les résultats de scanner de sa patiente (Virginie Efira).

Mais au lieu de filmer Bouli Lanners de manière classique en train de regarder son écran, Albert Dupontel choisit de le faire en « face caméra », l’écran apparaissant alors en transparence avec Virginie Efira légèrement décalée sur la droite, au second plan.

Ce choix surprenant et inattendu, en plus d’être magnifique visuellement, implique directement le spectateur sur le diagnostic attendu par l’héroïne.

On découvre ensuite le visage de cette héroïne dans un miroir… qui est en fait un couvercle de poubelle, légère inclinaison de la caméra vers le bas qui dévoile une pile de mouchoirs ensanglantés…

Voilà comment en un seul plan génial Dupontel nous fait comprendre que son personnage principal nommé Suze Trappet est gravement malade…

Ainsi, en seulement deux séquences diablement imaginatives, on est déjà absolument amoureux de ce film.

Pourtant, après le coup de foudre, l’inquiétude survient presque immédiatement, la faute au personnage joué par Albert Dupontel, un informaticien brillant, qui perd confiance en lui et devient suicidaire parce que son patron veut le remplacer par quelqu’un de plus jeune…

Et là, on sent l’odeur pas franchement nouvelle de la dénonciation d’une société du jeunisme, qui laisse de moins en moins de place aux plus « anciens » qui seraient par définition « moins adaptés »…

Heureusement, le film part très vite sur autre chose et nous capte à nouveau grâce à un sens du burlesque et du gag visuel impressionnant qui désamorce le tragique sans pour autant oublier l’émotion…

Le film devient une quête à la fois drôle et tendre. La quête de Suze pour retrouver son enfant abandonné à la naissance alors qu’elle-même n’était qu’une adolescente… JB, l’informaticien génial, l’accompagne d’abord à son corps défendant dans cette recherche folle, avant de s’attacher à elle.

Le duo est rejoint par un archiviste aveugle joué par l’excellent Nicolas Marié.

Le comédien a reçu un César pour son interprétation de ce personnage et c’est mérité, tant son jeu subtil et drôle dédramatise le handicap de son personnage.

La subtilité, c’est sans doute le maître mot qui résume le mieux ce nouveau petit bijou : tout est savamment dosé entre le drame et l’émotion, l’équilibre est effectivement parfait.

Enfin, l’inventivité qui parsème de nombreuses séquences et ce, dès le tout début comme on l’a vu, donne une dimension éminemment cinématographique à l’ensemble.

Donc, si ce n’est pas déjà fait, courez découvrir les péripéties d’un trio terriblement attachant !

La note : 9/10

Image d’en-tête : © Jérôme Prébois – ADCB Films

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