À la découverte de la 3is !

C’est la rentrée ! L’occasion de retourner sur les bancs de l’école et pas n’importe laquelle : la 3is de Bordeaux, spécialisée dans le cinéma, l’audiovisuel, le son, le jeu vidéo et le spectacle vivant !

La maison mère parisienne a été fondée il y a une trentaine d’années, par des anciens de l’IDHEC (devenu depuis la Fémis) et de l’école Louis Lumière. C’était alors, l’Institut International de l’image et du Son.

L’objectif premier des fondateurs était de créer une structure capable de proposer des «formations qui soient en adéquation avec les besoins du marché professionnel, avec la réalité de l’insertion» explique Lucile Sharma, la directrice du campus de Bordeaux, lors de portes ouvertes auxquelles votre serviteur a eu le plaisir d’assister en juin dernier.

La structure bordelaise (basée en fait à Bègles) fait partie d’un ensemble de quatre établissements en comptant Paris bien sûr, Lyon (depuis 1 an) et Nantes, le nouveau venu, qui vient d’ouvrir.

Cet ensemble accueille en totalité 2 200 étudiants.

Plus précisément, le campus girondin accueille de son côté, un peu moins de 600 étudiants.

Parmi eux, une centaine suit la filière cinéma-audiovisuel qui nous intéresse en premier lieu, et sont répartis dans les différentes spécialisations.

La formation se décline sur 3 ou 4 années, tout dépend si l’étudiant(e) effectue ou pas une classe préparatoire qui fait partie d’un tronc commun avec la première année.

Ce choix s’effectue lors de l’entretien de motivation qui suit l’épreuve écrite, sous forme de QCM, du concours d’entrée.

Cette classe préparatoire, facultative donc, est là pour aider l’étudiant(e) a acquérir une «culture artistique et sociétale» ainsi que le définit, le directeur des études Gilles Chantemerle.

Cela signifie que l’étudiant(e) doit se créer un « bagage culturel » qui permette d’enrichir son point du vue, tant sur un projet de fiction que sur du réel (du documentaire par exemple).

Développer un point de vue est essentiel pour créer un univers fictionnel qui se tienne, ou encore, réaliser un documentaire qui intéresse le spectateur.

Mais un bon point de vue ne suffit pas, il faut, en plus, être capable de bien organiser son propos.

Cela ne s’improvise pas et nécessite d’acquérir une bonne méthodologie de travail : Il faut apprendre à structurer son raisonnement, son travail, structurer ses protocoles de recherche.

Les thématiques abordées durant cet apprentissage méthodologique changent chaque année, car l’important n’est le contenu mais la manière dont on l’aborde.

En effet, comme le dit très bien Gilles Chantemerle, « on ne fait jamais deux fois le même film » : à chaque nouveau projet, on est amenés à aborder des sujets qu’on ne maîtrise pas forcément, d’où l’importance d’acquérir les bonnes méthodes pour les appréhender au mieux.

Le directeur des études prend ainsi l’exemple d’une étude de cas du film Taxi Driver (1976) de Martin Scorsese, soumise aux élèves.

On leur a donné, au préalable, un liste de podcasts et de ressources diverses autour de l’Amérique des années 70, pour les inciter à remettre le film dans le contexte de son époque : Black Panthers, Guerre du Vietnam, Richard Nixon, le Watergate, le Flower Power, le Nouvel Hollywood etc.

Robert de Niro dans Taxi Driver (© D.R.)

Ainsi, une fois le contexte bien posé et assimilé, on peut démonter facilement le film, «comme un mécano», pour en voir les articulations, la caractérisation des personnages, les arcs dramaturgiques, la mise en place des obstacles, des objectifs… pour, in fine, mettre à jour le discours déployé par le réalisateur en analysant le film comme un professionnel.

Enfin, en classe préparatoire, les élèves bénéficient aussi d’une initiation à la technique mais l’apprentissage de la technique pure ne commence véritablement qu’en première année.

Cette première année est généraliste pour permettre aux étudiants de pratiquer tous les métiers et pouvoir se spécialiser en connaissance de cause en 2 et 3e années.

La formation met également l’accent sur la polyvalence : les étudiants doivent être aussi à l’aise en réalisation fiction, qu’en réalisation audiovisuelle (documentaires, films institutionnels, publicité…).

Pour ce faire, ils bénéficient de nombreux équipements à la pointe de la technologie :

– 3 plateaux images, le plus marquant étant sans conteste le plateau Mocap (pour motion capture, la capture de mouvements), une technologie utilisée régulièrement depuis une vingtaine d’années dans les grosses productions (Le Seigneur des Anneaux (2001-2002-2003), Avatar (2009)…).

Capture de mouvements imminente !

Les deux autres plateaux sont dédiés au cinéma plus « traditionnel » et à la télévision.

– 1 grand studio son avec deux cabines de mixage en multicanal.

– 32 cabines de montage individuelles pour monter son travail en toute tranquillité.

Des étudiants en salle de montage.

Après la classe préparatoire et/ou la première année, l’étudiant se spécialise et fait son choix entre 5 filières, avec l’objectif d’exercer, à terme, le métier qui l’intéresse (voir le lexique en fin d’article), il y a donc :

– La réalisation fiction ou audiovisuelle dont on a déjà parlé

– La production : chargé de production, directeur de production, régisseur, producteur délégué, producteur exécutif etc.

– L’image : chef opérateur, directeur de la photographie, assistant opérateur de prises du vues, cadreurs… qui comprend également le département électricité et machinerie : chef électricien, chef machiniste etc.

– Le montage : monteur, assistant monteur, monteur truquiste, étalonneur etc.

Tout au long de sa formation, l’étudiant apprend à travailler en équipe (en mode projet) car un film est une œuvre collective.

Il effectue également plusieurs stages : un premier stage obligatoire d’un mois en premier année, 2 mois en deuxième année.

La 3e année offre en revanche 2 possibilités : on peut effectuer un stage long à l’issue des études (4 à 6 mois) ou bien opter pour l’alternance (3 semaines en entreprise, 1 semaine à l’école).

N’hésitez pas à découvrir la diversité des métiers du cinéma qui va bien au-delà du simple rôle de réalisateur. Des sessions d’admission sont organisées tous les mois dès octobre.

Et si vous n’avez pas encore le bac, il est possible de vous inscrire à des ateliers découverte de 4 jours pour vous initier à ces métiers mais aussi à ceux de l’audiovisuel, de l’animation, du son et du jeu vidéo.

Un grand merci à Lucile Sharma et Gilles Chantemerle pour leur accueil.

Un grand merci également à Dorine Lafont, la responsable communication de l’école, pour la visite des locaux et les photos.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à vous rendre sur le site de l’école.

Avant de partir, petite visite vidéo en bonus, suivie d’un petit lexique bien utile :

Petit lexique cinéphile des métiers évoqués

Chargé de production : Il veille à la bonne organisation et au bon déroulement d’un tournage.

Directeur de production : il gère le budget du film alloué par le producteur.

Régisseur : il s’occupe de toute la logistique du tournage (accueil des comédiens, acheminement du matériel…).

Producteur délégué : Il a la charge du financement du film (demandes d’aides publiques, recherche d’investisseurs…) et a la responsabilité de la « bonne fin » du film, c’est-à-dire de sa concrétisation finale, auprès des financeurs du projet.

Producteur exécutif : engagé par le producteur délégué, il prend en charge la « fabrication » du film, sans forcément, en posséder les droits d’exploitation. Mais c’est lui qui engage l’équipe du film, y compris le réalisateur.

Chef opérateur, directeur de la photographie : il a la responsabilité de la qualité de l’image du film, tant sur le plan technique, qu’artistique.

Cadreur : il a la charge du cadre de l’image et des mouvements de caméra sous la direction du chef opérateur.

Chef électricien : il s’assure de la faisabilité technique du tournage dans chaque décor choisi : puissance électrique disponible, branchements possibles etc.

Durant le tournage proprement dit, il gère le matériel électrique avec son équipe d’électriciens. Il dépend du directeur de la photographie et l’aide à bien éclairer les plans du film.

Chef machiniste : Tout comme son collègue chef électricien, il s’occupe de la faisabilité technique du tournage avec les caméras. Il est responsable de leur installation et de leurs bons déplacements sur le plateau.

Monteur : Il visionne, sélectionne et assemble les plans tournés pour aboutir au film final sous la supervision du réalisateur.

Monteur truquiste : Un monteur spécialisé dans les effets spéciaux, il travaille sur tout types de productions audiovisuelles. Il peut aussi assurer l’habillage visuel des émissions de télévision.

Étalonneur : Il s’occupe de la colorimétrie et de la luminosité du film pour qu’il n’y ait pas de différence entre les plans pour créer la continuité du récit, en adéquation, avec la vision du réalisateur et du directeur de la photographie.

Image d’en-tête : Compte Instagram de 3is Bordeaux.

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