« Les pires » : les jeunes ont du talent !

Le Festival du Film Indépendant de Bordeaux s’est malheureusement déjà achevé lundi… Heureusement, on va jouer les prolongations quelques jours sur le blog en évoquant les films qui m’ont marqué.

On commence avec Les Pires de Lise Akoka et Romane Gueret, récompensé du Grand Prix au dernier Festival de Cannes dans la catégorie Un Certain Regard qui met en lumière le cinéma d’auteur et les jeunes cinéastes.

Qui plus est, les deux réalisatrices ne sont pas inconnues au FIFIB : elle avaient déjà été distinguées en 2016 pour leur film Chasse Royale (2015) (prix du meilleur court métrage).

Cette fois, dans Les Pires, leur nouveau projet, elles nous emmènent dans la cité Picasso, à Boulogne-sur-Mer.

Gabriel (Johan Heldenbergh), un réalisateur flamand, veut y tourner son prochain film. À la grande surprise des riverains, il choisit « Les pires », c’est-à-dire, les habitants de la cité qui ont le plus de problèmes.

On découvre en ouverture, quelques images des sessions de casting de ce « vrai faux film » menées hors champ par Gabriel et sa régisseuse (Esther Archambault).

Le zoom de la caméra avance et recule pour saisir au mieux les réactions des apprentis comédiens et aussi peut-être déceler leur ressenti, ce qu’ils ne disent pas. On s’y croirait !

Par la suite, le spectateur s’immerge au mieux de le quotidien d’un tournage, ses exigences, ses difficultés mais également sa dimension de joyeuse fourmilière.

On est marqués par exemple par cette scène de bagarre, entre enfants, qui déborde ou encore, amusés, par la gêne et les rires nerveux des comédiens au moment de tourner une scène d’amour…

Si vous êtes cinéphiles, vous vous régalerez d’assister à la création d’un film comme si vous y étiez, et si vous l’êtes moins, il peut être intéressant de découvrir les coulisses, souvent mystérieuses, du Cinéma…

Cette mise en abyme est absolument fascinante et permet d’aborder la jeunesse sous un angle original, tout en faisant réfléchir sur la perception que nous avons de la banlieue.

Les jeunes comédiens s’éclatent à jouer sur plusieurs niveaux : à la fois, leurs personnages dans le film et leurs rôles qu’ils font vivre dans le faux long métrage réalisé par Gabriel.

Deux d’entre eux sont particulièrement impressionnants : Tout d’abord, Mallory Wanecque (à gauche sur la photo) qui prête ses traits à la jeune Lily, elle respire déjà l’amour du cinéma, on ressent toute sa passion nouvelle pour le métier d’actrice.

Il y a enfin Timéo Mahaut (à droite sur la photo) dans la peau du petit Ryan, qui assure malgré son jeune âge, une prestation saisissante, toute en rage difficilement contenue…

Ils prouvent à eux deux que « Les Pires » ont du talent !

Ce premier long métrage de Lise Akoka et Romane Gueret est truffé de qualités.

Cependant, les séquences « hors tournage » fonctionnent moins bien, paraissent moins naturelles, que celles contribuant à la création du film de Gabriel.

Le soufflé retombe un peu et on retrouve des thématiques classiques autour de la banlieue.

Heureusement, l’originalité de ton du film fait vite oublier ces petites baisses de régime, n’hésitez donc pas à aller découvrir Les Pires, en salles, à partir du 7 décembre prochain… pour le meilleur !

Pour aller plus loin

Page consacrée au film sur le site du FIFIB.

Image d’en-tête : © ERIC DUMONT – Les Films Velvet

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