« Piège de cristal », le Noël agité de Bruce Willis !

Vendredi 2 décembre, j’ai lancé un petit sondage en story sur mon compte Instagram (abonnez-vous !) pour savoir si cela vous intéresserait que je propose, en ce mois de décembre, une petite sélection de films de Noël

Une idée que vous avez plébiscitée à l’unanimité !

Votre humble serviteur s’attelle donc à la tâche, au sein d’une nouvelle rubrique intitulée Des Flocons et une Toile !

On commence donc la série avec Piège de Cristal, réalisé par l’excellent John McTiernan.

Ce choix peut paraître étrange ! En effet, pourquoi parler d’un tel film d’action bien bourrin qui ne semble pas avoir beaucoup de liens avec les fêtes de fin d’années et Noël, en particulier ?

On a tendance à l’oublier mais l’intrigue du film se déroule au moment du Réveillon : John McClane (Bruce Willis), un policier New Yorkais, atterrit à Los Angeles pour y retrouver sa femme Holly et passer les fêtes avec elle, qui travaille pour une grande entreprise japonaise, la Nakatomi Corporation, située dans l’immeuble Nakatomi, entièrement constitué d’acier et de verre (le « cristal » du titre français…).

Avec un tel postulat de départ, on pourrait se croire dans une énième comédie romantique… pourtant la musique orchestrale et inquiétante de Michael Kamen, qui surgit à l’apparition du titre original du film « Die Hard » (que l’on pourrait traduire très grossièrement par « Mourir Difficilement »), laisse entendre très vite que l’on va partir sur tout autre chose

Cet autre chose s’annonce plutôt violent… pour autant, Piège de Cristal ne se résume pas à un simple film « boum boum pan pan ! », c’est bien plus que cela, et je vais tenter d’expliquer pourquoi.

Premièrement, John McClane a des failles, ce n’est pas le « héros tout puissant » habituel des films d’action et McTiernan nous le fait comprendre, ou plutôt ressentir, dès l’ouverture du film, au cours d’une scène, moins anodine qu’il n’y paraît : écran noir, bruits de réacteur, un avion atterrit, gros plan sur une main cramponnée à l’accoudoir d’un siège (on voit nettement une alliance, l’homme en question est donc marié), léger travelling vertical en diagonal sur un passager en gros plan, qui regarde cette main, avant que ses yeux ne se concentrent sur son voisin, déclenchant un travelling arrière permettant de découvrirJohn McClane.

Voilà comment donner subtilement au spectateur des informations importantes sur le héros, à l’aide du montage et de simples mouvements de caméra, sans la moindre ligne de dialogue qui aurait pu paraître trop explicative…

L’échange, qui suit cette séquence, à propos de pieds nus et de moquette semble n’avoir ni queue, ni tête, mais que nenni ! Il permet de justifier pourquoi le brave McClane va devoir bientôt affronter des terroristes pieds nus durant tout le film !

Deuxièmement, le cinéaste John McTiernan prend le temps d’évoquer les problèmes du couple : ainsi, par petites touches, il montre que la relation entre John et sa femme Holly (excellente Bonnie Bedelia qui livre une prestation subtile et touchante en seulement quelques scènes) n’est pas au beau fixe…

Holly Gennaro McClane (Bonnie Bedelia)

On le voit au travers d’un dialogue entre le flic New Yorkais et Argyle (De’voreaux White, excellent de drôlerie), son chauffeur d’un jour, ou encore lorsqu’il cherche le nom de sa femme sur l’écran tactile de l’accueil et s’aperçoit qu’elle a indiqué son nom de jeune fille

Argyle (De’voreaux White)

Cette petite scène révélatrice permet aussi de placer une petite critique bien sentie et amusante sur la technologie qui prend de plus en plus de place dans notre vie et c’est visionnaire ! (on est en 1988 !).

Toujours au rayon des critiques, mine de rien, le film égratigne les figures d’autorité, la police et le FBI qui donnent l’impression d’agir, avant de réfléchir et un « certain journalisme« , prêt à tout pour avoir un scoop

Abordons maintenant, en troisièmement, l’action !

Parce qu’il faut quand même en parler ! Elle constitue l’essentiel de film mais ne se limite pas à une simple juxtaposition de scènes spectaculaires.

Il y a une évolution : l’état physique du héros se dégrade de plus en plus, au fur et à mesure que le film avance… ses blessures s’aggravent et il finit complètement éreinté, sanguinolant et boîtant devant le Grand Méchant…

Cette vulnérabilité de John McClane rend les bagarres particulièrement intenses et viscérales… on le sent sur le fil à chaque instant, grâce au travail impressionnant de l’équipe des cascadeurs. Le danger est là, permanent.

Il est d’autant plus redoutable que, Hans Gruber, celui qui l’incarne, apparaît froid et insaisissable… C’est un être raffiné, cultivé, aux motivations troubles (« qui a dit que nous étions des terroristes ? » sourit-t-il au début du film).

Le fabuleux et regretté Alan Rickman (principalement connu pour son rôle iconique du Professeur Rogue dans la saga Harry Potter (2001-2011) l’interprète avec une grande subtilité, en utilisant beaucoup le jeu non verbal (ce regard incroyable…).

Hans Gruber (Alan Rickman)

Là où John McClane utilise son corps pour se défendre, l’arme de Gruber est son esprit et surtout, son inflexibilité qu’il dissimule habilement derrière un semblant de détachement…

Cela en fait, un antagoniste de choix pour notre flic new yorkais préféré.

N’oublions pas enfin l’humour omniprésent qui désamorce la violence, aux moments où c’est nécessaire, et renforce notre complicité avec ce sacré et génial McClane !

Tous ces ingrédients mélangés ensemble, font de Piège de Cristal, une véritable réussite qui marqua son époque et renouvela les codes du film d’action.

Ce succès mérité engendra le début d’une saga qui ne conserva pas forcément les qualités du film original…

On en parlera peut-être dans de prochains articles (dites-moi si cela vous plairait en commentaires !).

En attendant, n’hésitez pas à revoir ce classique explosif !

sources :

Image d’en-tête et photos : IMDB.

Fiches du film

Piège de cristal, imdb.com (lien)

Piège de cristal, fr.wikipedia.org (lien)

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