Depuis un mois et demi, le plus célèbre des duos de cinéastes français (Eric Toledano et Olivier Nakache), qui enchante les salles depuis de nombreuses années au travers de leurs tranches de vie drôles et touchantes à la fois, est de retour au cinéma.
Pour autant, votre serviteur cinéphile n’a pas été spécialement emballé en découvrant les quelques images de ce nouveau long-métrage dans la bande-annonce : on surfe clairement sur la nostalgie actuelle des années 80, en essayant de remplir les vides autour avec un semblant d’histoire…
Sentant que ma motivation ne cessait de baisser au fil des jours et des semaines, j’ai donc sollicité votre avis pour savoir si vous souhaitiez une critique ou non.
L’existence même de cet article prouve que le « oui » l’a emporté ! Vous avez même été unanimes !
Ni une, ni deux, je me suis plié à la volonté de mes chers lecteurs et lectrices ; direction donc mon cinéma UGC de Bordeaux pour remonter le temps…
Nous voici en 1985. On fait la connaissance de la famille Dayan. Une famille de classe moyenne qui galère dans ce contexte de crise économique : le père (Louis Garrel) se retrouve au chômage, mais continue à faire semblant d’aller travailler par peur d’avouer la vérité aux siens…
Sa femme (Camille Cottin) rêve, elle, d’un nouveau destin professionnel. Le couple se chamaille tout le temps (mais s’adore), sous les yeux à la fois agacés et amusés de leurs deux enfants.
Ce tableau paraît sinistre, mais le film est résolument léger car il adopte le point de vue du fils cadet, incarné par la révélation Simon Boublil, qui découvre le bonheur des premiers émois amoureux à un âge où il est souvent difficile d’avoir confiance en soi.
Le jeune acteur fait preuve d’une grande justesse dans son jeu, oscillant parfaitement entre humour et émotion ; son frère de fiction (Alexis Rosenthiel, très bon lui aussi) est terriblement charismatique, horripilant et très protecteur à la fois.
Ces deux jeunes sont les véritables satisfactions du film. Les seules, en fait.
Louis Garrel, Camille Cottin et Pierre Lottin sont bons aussi, bien sûr ! Leur alchimie se voit et permet de créer des scènes amusantes, mais c’est tout simplement « normal », si je peux me permettre, parce que ce sont des comédiens expérimentés. Donc pas de surprise ; pas de mauvaise surprise, en tout cas.

Pour le reste, on s’ennuie affreusement. Ce film n’est qu’une illusion.
Il aborde des thématiques vues et revues dans l’Histoire du Cinéma (la famille, l’adolescence, les premiers émois amoureux) sans apporter un point de vue nouveau ou, à minima, intéressant…
Pire : on ne profite pas véritablement de l’ambiance années 80, pourtant réussie… On ne peut, en effet, se départir d’une impression de déjà-vu avec le précédent L’Amour ouf (2024), qui était, lui aussi, ancré dans les années 80.
Or, à la différence de son prédécesseur, le film de Gilles Lellouche développait une esthétique visuelle très forte, ponctuée de nombreux plans inhabituels et marquants qui donnaient une dimension follement cinématographique à son polar.

Tout ce que ne fait pas notre cher duo Toledano-Nakache dans ce nouveau film, se contentant d’empiler les références siglées « années 80 » dans le décor, les costumes et, évidemment, la musique.
On ne dépasse jamais la « première dimension comique » du récit ; on enchaîne les situations amusantes sur le moment, mais oubliées une fois le générique de fin lancé…
Quant à la fresque familiale, rien de nouveau non plus : c’est du déjà-vu, avec des personnages qui connaissent les trajectoires habituelles de protagonistes confrontés à des premières fois ou à une crise économique.
Les thématiques abordées ne sont jamais transcendées, ne serait-ce qu’un minimum, à l’inverse d’un Steven Spielberg qui, dans son honteusement boudé The Fabelmans (2022), transformait sa propre histoire familiale en véritable réflexion sur l’impact de son art !

Le public, en tout cas, soutient Eric Toledano et Olivier Nakache en se déplaçant nombreux (près d’un 1 800 000 spectateurs au 06 mai 2026 !) dans les salles pour découvrir le film. Tant mieux pour eux : contrairement au film, le succès n’est pas une illusion !
Pour aller plus loin :
Eric Toledano et Olivier Nakache sur La Pellicule Bordelaise :
Critique d’Intouchables
Quand Steven Spielberg rejoue sa jeunesse :
Critique de The Fabelmans
Le succès de Gilles Lellouche :
Critique de L’Amour Ouf
Source :
Image d’en-tête modifiée avec ChatGPT
Site spécialisé :
Box office Juste une illusion, allocine.fr (lien)

Merci Jérôme, comme toi, à la vue de la bande-annonce, j’ai largement hésité à me déplacer. Et bien je n’hésite plus je me passerai du dernier Nakache et Toledano en attendant qu’ils retrouvent la qualité d’Hors Normes et l’humour du sens de la fête. Visiblement selon toi et je te crois, ils se sont noyés dans le décor.
j’attends impatiemment ta critique d’Almodovar.
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